Secteur en tension

 Nucléaire : trouver le mouton à cinq pattes !

Publié le 30/06/2020 dans Service expert
mécanicien robinetier industrie nucléaire
Mécaniciens robinetiers nucléaires. © EDF

Proche de la centrale de Cattenom, le pôle emploi de Thionville Beauregard, en Moselle, dispose depuis 2014 d’une cellule spécifique qui répond de manière proactive aux besoins du territoire et des entreprises dans les domaines de l’énergie et notamment du nucléaire. Un dispositif unique en France.

« Notre but est de présenter aux entreprises des candidats répondant aux exigences des postes proposés dans l’industrie et le nucléaire. Les conditions d’exercice des métiers du secteur étant très pointues, le cahier des charges est contraignant », expose d’emblée Sophie Grataud-Trimbur, conseillère cellule nucléaire à l’agence Pôle emploi de Thionville Beauregard. Agents de nettoyage, logisticiens, désamianteurs nucléaires, peintres, robinetiers, mécaniciens… : « il nous faut bien souvent trouver le mouton à cinq pattes ! » sourit la conseillère qui opère en amont un ciblage des postulants.

« Il y a un déficit cruel de candidats dans ces secteurs d’activité. Nous faisons donc du sur-mesure pour pallier le manque de compétences. Notre objectif est de trouver des personnes motivées, répondant à tous les critères de sélection, puis de les former. »

Sophie Grataud-Trimbur, conseillère cellule nucléaire, pôle emploi de Thionville Beauregard

Enquête de moralité, aptitudes spécifiques et visite médicale renforcée

Avant d’espérer intégrer la formation et d’obtenir les habilitations particulières nécessaires à l’exercice – « le permis de conduire du nucléaire ! » –, le candidat accepte une enquête de moralité. Il doit notamment avoir un casier judiciaire vierge, être mobile sur le territoire national et médicalement apte au travail sous rayonnements ionisants, avoir le sens du travail en équipe et être doté d’une extrême rigueur. Le recrutement impose également une visite médicale renforcée avec un check-up ophtalmologique et ORL, une radio pneumothorax et un bilan sanguin avec recherche toxicologique. Il y a donc beaucoup d’appelés et peu d’élus.

« Lorsque j’organise une réunion d’information sur les métiers du nucléaire, 180 candidats sont convoqués, 45 se déplacent, 20 assistent à la séance jusqu’à la fin et seulement quatre sont recrutés à l’issue. »

Sophie Grataud-Trimbur, conseillère cellule nucléaire, pôle emploi de Thionville Beauregard

Plan de formation sur-mesure et mise en relation

Une fois les candidats sélectionnés, Pôle emploi et l’employeur élaborent de concert un plan de formation – souvent cofinancé par la région Grand Est – afin qu’ils acquièrent les compétences nécessaires. Les recrutements sont quasi systématiquement réalisés via une préparation opérationnelle à l’emploi (POE). Une mesure qui permet aux employeurs de former les candidats aux exigences des postes proposés (400 heures maximum) avec un faible reste à charge (environ 15 % selon le contrat proposé à l’issue).

Pour compléter ce dispositif, la cellule nucléaire et le Gimest, groupement d’entreprises intervenant dans des opérations de sous-traitance pour EDF sur les sites nucléaires, organisent chaque année un forum afin de mettre en relation les employeurs avec des candidats déjà formés ou intéressés par la filière.

En 2019, via la cellule nucléaire, 91 candidats qui ont été formés et 79 recrutés au sein de treize entreprises françaises du secteur.

Pour les employeurs, que des avantages !

À l’instar de Francis Canoen, de la société OMS Énergie, les employeurs sont pleinement satisfaits de ce service spécifique proposé par le service public de l’emploi. « Je vois plusieurs avantages à ces mesures d’aide au recrutement. D’abord un intérêt financier, puisqu’une partie des coûts pédagogiques est prise en charge et les stagiaires sont rémunérés par Pôle emploi. Puis, la possibilité via la Cellule nucléaire de Thionville de bénéficier d’un appui très professionnel. Enfin, c’est une vraie opportunité pour des débutants dans la filière, en période de pénurie de compétences nucléaires, d’accéder à une formation complète avec immersion en entreprise et ensuite de signer un contrat d’au moins 6 mois. D’autant qu’il a des perspectives d’évolution certaines. »

« La Cellule nucléaire offre un appui très professionnel, que ce soit en termes de connaissance des métiers, du secteur ou des difficultés pour trouver des compétences dans la filière, mais aussi en termes d’aide pour le montage du dossier, l’organisation des séances de recrutement et la tenue des entretiens de sélection. »

Francis Canoen, société OMS énergie

Agence de Thionville Beauregard :
2 rue des frères à Thionville
Ligne directe dédiée aux entreprises : Tél. 03 82 59 57 64
E-mail dédié aux entreprises :  entreprise.lor0081@pole-emploi.net
E-mail de la cellule nucléaire : recrutementsnucleaire.57039@pole-emploi.fr

J’accède aux services employeur de Pôle emploi

Sur le même sujet