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 Le sport en entreprise, un levier de performance

Publié le 12/12/2019 dans Tendance RH
© New Africa

La pratique d’activités physiques en milieu professionnel est parée de toutes les vertus. En forme, les salariés gagnent notamment en motivation et en efficacité. Misant sur le digital, des start-up favorisent la création de communautés sportives en entreprise.

Le bien-être au travail : une préoccupation majeure

Le bien-être au travail est la priorité numéro un des salariés français, si l’on croit une étude BVA de mars dernier conduite pour l’éditeur de logiciels Salesforce, et ce devant le pouvoir d’achat. Par bien-être, il ne s’agit pas seulement de proposer des conditions de travail satisfaisantes, mais aussi d’améliorer la santé et l’hygiène de vie des collaborateurs. Ce qui passe notamment par la pratique régulière d’activités physiques. Sur le papier, tout le monde est gagnant. Le sport en milieu professionnel favorise l’engagement des collaborateurs, réduit l’absentéisme et le turn-over. Une entreprise qui inciterait ses salariés à garder la forme verrait sa rentabilité améliorée entre 1 et 14 %, selon une étude datant de 2015. Alors que nombre d’entreprises sont engagées dans une guerre des talents, proposer des activités sportives renforce, par ailleurs, la marque employeur. Des classements d’entreprises où il fait bon travailler, comme Great Place to Work®, l’intègrent d’ailleurs dans leurs critères. Pour autant, il n’est pas évident pour une entreprise de créer les conditions propices à la pratique sportive avec la mise à disposition d’espaces, voire de coachs dédiés. Pour répondre à ce besoin, de nombreuses start-up spécialisées ont émergé ces dernières années.

Sport Heroes propose par exemple un programme digital bien-être et sport, baptisé « United Heroes ». L’application établit tout d’abord un bilan de l’état de forme de l’employé en se connectant aux traqueurs d’activité, aux montres connectées ou aux services présents au sein des smartphones, comme Santé pour les terminaux d’Apple. À partir de ce bilan, elle délivre des conseils personnalisés en matière de nutrition ou de gestion du stress. Comme il est plus facile de faire du sport en groupe, United Heroes va favoriser la création de communautés de sportifs à travers des challenges collectifs tels que le parcours de X kilomètres en un temps donné. Si le défi est atteint, l’employeur s’engage à reverser un don à une ONG, ce qui favorise la cohésion d’équipe. DRH de la coopérative agricole Arterris, Yasmina Bousraou Koubaa expliquait, dans un récent podcast, le défi relevé cette année par plus de 700 collaborateurs du groupe. Constitués en équipes, ils devaient parcourir 40 000 km en deux mois, soit l’équivalent d’un tour du monde. En définitive, ils ont réalisé le double. Ce challenge a permis d’offrir 10 000 repas aux Restos du coeur.

Un réseau social d’entreprise basé sur le sport

Autre société innovante, Wellness Training s’est d’abord fait connaître en installant et en animant des salles de remise en forme dans des sociétés aussi diverses que Carrefour, Sanofi, KPMG, Dior, Renault Trucks ou Safran. Depuis deux ans, elle marie digital et physique. Comme avec United Heroes, son application va dresser l’état de santé du salarié à travers onze items dont l’activité physique, l’équilibre alimentaire ou la qualité de sommeil, avec, là aussi, des recommandations personnalisées de coachs sportifs, de sophrologues ou de diététiciens.

Pour les entreprises ne disposant pas d’une salle de sport, l’application peut également géolocaliser les coachs qui exercent dans des parcs publics. Des PME d’un même secteur peuvent ainsi mutualiser les services d’un coach. Ce concept peut aussi intéresser les entreprises multisites. Ainsi, le Crédit Agricole d’Ile-de-France dispose d’une salle de sport à son siège social, mais les salariés des plus de 300 agences n’y ont pas facilement accès. Ils peuvent se rendre plus facilement dans l’un des parcs parmi la centaine que compte la région parisienne, proche de leur lieu de travail ou de leur domicile.

D’autres start-up ont investi ce créneau du bien-être au travail. Plateforme du sport entre collègues, AllSessions propose des activités pour tous les goûts, du fitness aux sports collectifs en passant par le yoga ou la boxe. BoostYourFit se présente, lui, comme le premier réseau social d’entreprise basé sur le sport. Son application mobile permet de trouver des collègues avec lesquels faire du sport et partageant les mêmes centres d’intérêt. Une bonne façon de mettre en relation des collègues de services différents qui ne font que se croiser dans les couloirs de l’entreprise. Le sport peut également servir de vecteur d’intégration pour les nouvelles recrues.

Un gain de productivité de 6 à 9 %

Quel est l’impact économique de l’activité physique en entreprise ? En 2015, le cabinet Goodwill Management a répondu à cette question dans une étude conduite pour le Medef et le CNOSF (Comité national olympique et sportif français), avec le soutien d’AG2R La Mondiale. Résultat : un collaborateur sédentaire qui entreprend une activité physique régulière voit sa productivité croître entre 6 % et 9 %. Le taux évolue en fonction de l’intensité de la pratique sportive et du degré d’incitation de l’employeur (mise en place d’espaces et de coachs dédiés, possibilité d’exercer une activité sportive sur le temps de travail…). Augmentation de la productivité, baisse de l’absentéisme et du turn-over… L’entreprise voit, elle, sa rentabilité améliorée entre 1 et 14 %. L’étude a aussi chiffré les gains pour l’individu et pour la société civile. Un salarié pourrait économiser entre 30 et 34 euros de frais de santé par an, tandis que l’État économiserait entre 308 et 348 euros de dépenses de santé par an et par personne.