Entreprise

 Le management par la confiance

Publié le 20/09/2019 dans Tendance RH

Et si, en matière de management, l’efficacité passait par l’intégration de nouvelles valeurs, facteurs de motivation. Instaurer la confiance pour tirer le meilleur des compétences professionnelles de chacun ferait partie des clés d’un management réussi.

S’entourer de compétences adaptées aux besoins de l’entreprise est un facteur déterminant dans le succès de l’aventure entrepreneuriale. Tel un chef d’orchestre, le manager dirige et fait évoluer un ensemble composé d’individualités, respectivement choisies pour jouer un rôle bien défini au sein d’une équipe. Pour autant, un objectif ne peut être atteint que si les salariés œuvrent collectivement dans la même direction. Les collaborateurs mobilisés ont besoin d’être réunis autour d’un projet commun, même s’il est évolutif, de suivre un chemin précis et compréhensible. Le rôle du manager est d’en être le porte-parole et de transmettre les clés à son équipe. « Le management fonctionne comme un enchaînement. C’est un phénomène collectif de collaborations en perpétuelle reconstruction. Le fait qu’un salarié manque de confiance envers le décideur, envers les membres de l’équipe, qu’il ne comprenne pas la stratégie adoptée, risque de perturber le bon fonctionnement de l’organisation », explique Joseph Lusteau, consultant en stratégie chez Diagonart Conseil. Une fois la trajectoire identifiée, elle doit être partagée, clairement exposée à ceux qui en seront les acteurs, afin de donner du sens et de susciter intérêt et motivation. Dans un environnement en mouvement, la notion du sens prend toute son importance et supplante les simples directives.

« Les meilleures choses qui arrivent dans le monde de l’entreprise ne sont pas le résultat du travail d’un seul homme. C’est le travail de toute une équipe. »

Steve Jobs, entrepreneur et informaticien.

Un ingrédient indispensable et personnalisé

Tout être humain recherche de manière naturelle la confiance d’autrui. La construire nécessite une approche plus personnalisée que sur le collectif, incite à toucher des mécanismes proches de la psychologie. Pour acquérir la confiance de quelqu’un, il faut le comprendre. « Certains vont être plus sensibles à un degré de reconnaissance au quotidien, à des encouragements, d’autres aux missions confiées… Chacun met ses propres indicateurs derrière ce mot. C’est tout le talent du manager de savoir déceler quelle action, quelle sollicitation témoignera d’une marque de confiance », souligne Axelle Larroumet, présidente de Hoblik, cabinet de conseil et de formation. Pour être efficace, un management ne doit pas être uniquement basé sur la confiance. Loin d’être autosuffisante, cette notion fait partie des leviers de motivation, au même titre que la rémunération, le bien-être au travail, l’accomplissement de soi, la liberté des horaires de travail… Évoquant la part d’autonomie accordée aux salariés, Joseph Lusteau va plus loin : « Composée du triptyque degré de liberté créative, communication empathique positive et bon équilibrage entre les compétences et la capacité de réalisation, la confiance est indispensable dans le monde de l’entreprise. Bien plus qu’un instrument de motivation, elle est un ingrédient capital de l’innovation, clé de voute du développement des organisations ». Si la confiance est un des éléments essentiels au bon fonctionnement d’une entreprise, elle révèle aussi toute la complexité des relations humaines.

Une notion complexe

Pour Axelle Larroumet, la confiance, sentiment qui s’acquiert et se perd, relève d’une responsabilité collective : « Toute mauvaise expérience vécue, que ce soit par un salarié ou par un recruteur, dégrade la conception de la qualité de la relation qu’il va pouvoir nouer et instaure une méfiance, voire une mauvaise image de l’entreprise. » En prônant l’écoute et la souplesse, le management par la confiance est facteur de bien-être et de performance. Parmi les cas particuliers, notons celui d’un collaborateur dont la légitimité est reconnue et qui manque de confiance en lui. « Pour éviter un phénomène d’auto-censure, la subtilité est de conforter la personne, de lui prouver qu’elle doit croire en ses capacités et par là même en son manager, qui sera présent pour la seconder en cas de difficulté », confie la présidente de Hoblik. Dans l’entreprise libérée, modèle alternatif basée sur la confiance et la reconnaissance, l’humain est au centre du fonctionnement. À l’origine du concept, le conférencier et auteur Isaac Getz évoque « une forme organisationnelle dans laquelle les salariés sont totalement libres et responsables dans les actions qu’ils jugent bonnes – eux et non leur patron – d’entreprendre ». Un style de démocratie participative qui, selon Axelle Larroumet, peut parfois engendrer des frustrations : « Ce mode de confiance en pratique peut rencontrer des risques dans sa mise en œuvre. Demander un avis à une personne sur un sujet c’est bien, sauf si cela n’aboutit à rien. On témoigne alors soit d’un jeu de dupe soit d’un manque de confiance en la qualité de l’avis émis qui peut s’avérer dévastateur ».