Épidémie de coronavirus

 Mobilisation générale pour les Ehpad

Publié le 04/05/2020 dans Service expert
Aide-soignante portant un masque.
Dans tous les territoires, les Ehpad ont sollicité Pôle emploi pour les aider à traverser la crise du Covid-19. © JustLife

Durement touchés par la crise sanitaire du Covid-19, les Ehpad du Grand Est ont vu leurs besoins en recrutement monter en flèche ces dernières semaines. Pour aider ce secteur essentiel à conforter ses équipes en urgence, a fortiori sur des métiers de la santé en tension, Pôle emploi a sonné la mobilisation générale. Un engagement fortement apprécié des établissements, résumé en cinq facteurs-clés de succès.

1 • L’anticipation des besoins

«Avant la mise en place du confinement, nous avons appelé les hôpitaux, les Ehpad, pour connaître leurs besoins et les recrutements à venir, annonce d’emblée Isabelle Jost, conseillère Action Recrut’ au pôle emploi de Molsheim, dans le Bas-Rhin. Nous ne pouvions pas rester les bras ballants, il fallait réagir tout de suite !» Une démarche saluée par Brigitte Didierlaurent, responsable ressources humaines à l’hôpital de Rosheim : «L’agence nous a contactés avant même que nous soyons touchés», reconnaît-elle. Aujourd’hui, dans cet établissement qui accueille 110 résidents et emploie 120 personnes, un service a été réorganisé en «zone Covid», au sein de laquelle dix-sept patients sont malheureusement atteints.

Même son de cloche à Fameck, en Moselle, où les Ehpad cumulent deux difficultés : un secteur de la santé en tension, comme partout ailleurs, mais aussi la proximité avec le Luxembourg. Cependant, là aussi, la mobilisation a payé, comme le relate Xavier Kuhn, conseiller Entreprise : «Dès le 16 mars, j’ai appelé le Groupe SOS pour connaître les besoins des deux Ehpad d’Algrange. Le 9 avril, nous avions déjà placé trois auxiliaires de vie, deux aides-soignants et trois agents des services hospitaliers (ASH). Et les besoins actuels sont encore de cet ordre».

2 • Des viviers de candidatures fiables et vérifiées

C’est aussi l’anticipation qui a payé lorsque les Ehpad ont contacté les agences en direct. « La direction de Pôle emploi avait déjà ciblé ces métiers comme étant prioritaires et nécessitant une mise en avant sur la plate-forme www.mobilisationemploi.gouv.fr. Au sein des agences, les conseillers demande ont fait un énorme travail de prise de contact avec toutes les personnes de nos fichiers correspondant à ces métiers, détaille Karima Kanane, conseillère Entreprise à Sarreguemines. C’est parce que le travail de recherche de profils avait été entamé avant que les structures nous sollicitent que nous avons pu répondre rapidement. Malgré la crise et la difficulté à trouver des profils sur ces métiers, tout s’est bien orchestré. Nous avons placé trois personnes à l’Ehpad de Rouhling, cinq autres à Hambach, et d’autres offres nous parviennent.» Une efficacité saluée par Romain Fouquet, chargé de recrutement pour le Groupe SOS, qui a adressé ses «remerciements pour l’aide apportée par les équipes de Pôle emploi, leur professionnalisme, l’accompagnement et le service quotidien dans la gestion de la crise».

3 • Une organisation sur-mesure

Parfois, il a aussi fallu se réorganiser. Exemple avec l’Abrapa, association d’aide et services à la personne du Bas-Rhin qui emploie plus de 3 000 salariés à domicile et en Ehpad et qui a diffusé des dizaines d’offres dès le début de la crise. Auparavant, toutes les offres d’emploi étaient transmises au pôle emploi de Lingolsheim, le plus proche du siège de l’association. Mais la crise a fait évoluer les pratiques. «Pour fluidifier et accélérer notre réponse, des conseillers ont été désignés à titre exceptionnel dans d’autres agences, au plus proche des besoins de l’Abrapa», expose Yasmina Saoula, conseillère Entreprise. Séverine Kocher, référente recrutement à l’Abrapa, apprécie le fait d’être aujourd’hui en contact direct avec plusieurs conseillers : «Ce fonctionnement est bien plus efficace et rapide. Pour chaque zone géographique, nous disposons d’un interlocuteur dédié qui connaît parfaitement le marché de l’emploi local».

« Pôle emploi a été d’une grande aide pendant la crise. Nous avons même reçu plus de profils diplômés que d’habitude, preuve de l’efficacité de cette nouvelle organisation ! »

Séverine Kocher, référente recrutement à l’Abrapa

4 • Une disponibilité sans faille

Si la crise a fait évoluer les pratiques, elle a aussi suscité un vaste élan de solidarité, au sein des agences comme chez les demandeurs d’emploi. «Nous sommes de tout cœur avec les Ehpad, nous essayons de les accompagner du mieux que nous pouvons, résume Karima Kanane. Nous avons aussi tous été touchés par la grande disponibilité et la mobilisation des demandeurs d’emploi que nous avons appelés.» 

« Les équipes de Pôle emploi sont là, à nos côtés, depuis le début de la crise. À chaque fois que nous avons eu besoin de faire appel à elles, le service a été très réactif. Nous travaillons vraiment très bien ensemble. »

Brigitte Didierlaurent, responsable des ressources humaines à l’hôpital de Rosheim

5 • Un engagement autour des compétences et de l’attractivité des métiers

Si tout s’est bien déroulé dans l’ensemble, c’est enfin parce «la relation avec les établissements de santé était forte avant la crise», souligne Isabelle Jost. Notamment parce que de nombreuses actions sont menées localement avec le secteur pour faire monter les demandeurs d’emploi en compétences et diminuer la tension qui pèse sur ces métiers. «Cette année, nous avons mis en place une formation d’agent de service hospitalier (ASH) en collaboration avec la Région, le Greta, le lycée Camille-Schneider de Molsheim et une dizaine d’Ehpad du bassin, développe la conseillère. Une formation bâtie sur mesure en tenant compte des souhaits des recruteurs. Notre priorité est d’intéresser les personnes disponibles au secteur de la santé. Après une formation ASH, certaines pourront peut-être viser un diplôme d’aide-soignant puis, pourquoi pas, d’infirmier ?»

«Oui, un ASH doit être formé. Et oui, on peut faire une belle carrière dans la fonction publique hospitalière. Cette formation, je la trouve top !», s’enthousiasme Brigitte Didierlaurent, qui a également recruté l’une des stagiaires de cette formation en CDD pour renforcer ses équipes pendant la crise. «Elle est dans nos murs, et c’est franchement une bonne recrue.»